« Appelez-moi manouche si cela vous chante. J’aime l’idée d’être le Django Reinhardt du sport. Attrapant chaque épreuve comme des notes de musiques éparpillées. Glissant un peu de poésie et de désordre dans un monde de champions. »

Je recevais son fragment d’histoire tel un trésor précieux. La force de son récit, parfait contraste du sourire avec lequel il m’affirmait être le plus heureux des hommes, m’avait simplement convaincu de l’incohérence et la fragilité du bonheur.

Hortense, Hortense,… J’ai toujours trouvé ce prénom délicieux. J’y entrevois certainement un buisson de fleurs hésitant entre la teinte rose ou le dégradé de bleu rappelant la chevelure de l’octogénaire qui les découpe avec délicatesse. Moi, si j’étais elle, je veux dire si la nature m’avait affublée d’un tel prénom, je ferais mine de trébucher…

J’ai toujours eu un faible pour les fautes d’orthographe. Elles sont un accord subtil entre l’instinct créatif et le vagabondage. Il m’est arrivé d’habiller un mot de trois manières différentes dans un même papier. Aucun n’était correct. Ca reste à ce jour ma plus grande prouesse littéraire.  

Il est de ces gens qui donnent du poids aux mots, leur prêtant la lourdeur d’un sens qu’on a voulu leur donner. Être poète, c’est peut-être juste leur rendre cette légèreté du présent, cette liberté de l’instant qui fait qu’ils n’appartiennent qu’a celui qui les attrape,…

Les longs chemins de terre et de roches rouges laissaient échapper des paysages aux allures de décors qu’un homme à cheval semblait prêt à envahir

Fougueux, les enfants du quartier et moi grimpions sur la vieille barrière en fer de chez mes parents. Par poignées de quatre, voir plus si nous étions nombreux, nous agrippions le sommet de la grille. Le plus costaud, bien que parfois le plus agile, donnait alors un grand coup de savate au sol et la…

Dans le fond, la seule chose qui pourrait rendre l’argentique obsolète serait de vivre un moment si intense qu’il serait gravé instantanément en mémoire, à jamais,…

Mes souvenirs étaient passés par le filtre des années. Ils avaient pris la jolie teinte colorée que peut leur offrir le temps et s’étaient modelés au prisme déformant des rêves de petite fille.

Par dessus tout j’aime l’idée de faire la fête quel que soit le jour de l’année. Mais si je devais retenir un jour, un seul, ce serait « le jour de Strauss ». Pour le p´tit dèj´ à la bûche et aux bulles qu’on apprécie tellement plus le matin que la veille. Pour mon grand-père qui fredonne…

Puis un jour mon père m’a dit : « Tu m’fatigues! Tu vois, j’préférais encore quand tu voulais être astronaute, j’serais relax dans mon hamac, j’pourrais te faire coucou… »

Je retirais soudain ma main de la sienne, échappant de justesse à la lecture de ce qu’elle nommait « ma ligne de vie ». -Sachez, très chère, que je n’ai que faire de la providence! Je crois, de manière farouche et éperdue, au hasard et aux opportunités